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« J'ai eu des rêves et j'ai eu des cauchemars. J'ai surmonté les cauchemars à cause de mes rêves. »- Jonas Salk

9 JUIN 1989 : Le premier rassemblement des survivants psychiatriques, Summit 89, a eu lieu au lac Livingston près du parc national Fundy. Il fut organisé par les membres de Our Place Club de Moncton et a accueilli des gens provenant de partout au Nouveau-Brunswick. Durant une fin de semaine, les participants ont discuté de préoccupations communes et ont partagé leurs expériences. Voici comment l’auteur Roger Melanson a donné suite à la tenue d’une telle rencontre :

Summit 89 montrera aussi à nos communautés que les personnes aux prises avec de graves problèmes de santé mentale sont capables d'exprimer leurs propres opinions et d’apporter une contribution valable à la société… On nous offre à nous, les bénéficiaires, un produit qui représente une influence directe sur nos vies et sur notre avenir. Si le produit que nous recevons ne répond pas à nos besoins, nous devons joindre un groupe de pression pour les bénéficiaires visant à influencer les politiques gouvernementales… Nous devons faire valoir les droits des personnes qui se rétablissent d’une maladie mentale.

…Nous avons des besoins physiques, tels que la nourriture, les vêtements et un logement convenable; sur le plan émotionnel, nous avons un besoin d’appartenir et d’occuper un emploi dans la communauté. Nous devons tous prendre une décision. Sommes-nous satisfaits des services offerts au sein du système de santé mentale et de la façon dont nous sommes traités OU sommes-nous prêts à prendre position, à changer les attitudes de la population envers nous, à contribuer activement à changer le système et à s’entraider?

Nous souhaitons créer un réseau provincial de groupes de soutien dans lesquels les bénéficiaires peuvent vivre sans préjugés, où ils peuvent parler ouvertement à propos d’eux-mêmes, de leurs expériences et de leurs projets… Des conférences qui rassemblent les bénéficiaires ne peuvent faire autre que nous rendre plus forts et positifs, et concrétiser nos ambitions.

JUIN 1990 : Les directeurs des réseaux d’entraide de partout au Nouveau-Brunswick se réunissent à Alma pour mettre en place un réseau provincial.

AOÛT 1990 : Un deuxième essai a lieu à Miramichi où participent 70 personnes. Le thème est « We Care, Do You ? »

1990-91 : Le Secrétariat d’État fédéral donne 6 000 $ aux leaders de Moncton pour créer un réseau provincial. Malheureusement, il n'a pas été possible de mener ce réseau à bien.

1991-93 : La Commission de la santé mentale du Nouveau-Brunswick inaugure son mandat de transférer aux communautés les ressources financières affectées aux institutions psychiatriques. Sous la direction d’Eugene Niles, une subvention importante est accordée au comité consultatif pour les bénéficiaires, dans l’espoir de créer un réseau provincial. Deux animateurs sont embauchés selon les critères linguistiques.

Une des principales réalisations de l’époque est la pièce de théâtre de Claude Snow intitulée Bras durs et cœurs tendres. Cette production fait une tournée provinciale et aide à sensibiliser la population aux lacunes du système psychiatrique.

Même si la Commission sur la santé mentale appuyait un réseau provincial de bénéficiaires, ils se sont lassés de financer l’initiative par l’entremise de son conseil consultatif provincial. Il faut dire que dans d’autres provinces, où il y avait des réseaux dirigés par les bénéficiaires / survivants qui recevaient de l’aide, une relation distancée avec l’entité gouvernemental existait. Il a donc fallu revenir à la case départ pour créer un réseau provincial indépendant de bénéficiaires.

Lorsque l’infrastructure fut établie, Nicole Malenfant, la vice-présidente à ce moment, l’explique ainsi : La Commission a demandé à des gens provenant de différentes régions de la province de siéger à un comité intérimaire. Ces gens avaient pour mandat de mettre sur pied un réseau, tout en incorporant le travail effectué par l’ancien… Avant la création du comité intérimaire, nous avions obtenu une subvention du Secrétariat d’État et avions signé un contrat avec une firme professionnelle d’experts-conseil. La somme de 13 000 $ a été versée à ces experts afin qu’ils puissent organiser et rendre possible la création du réseau. Ces professionnels ont aidé, et ont guidé le comité intérimaire à organiser la première conférence. Un montant additionnel de 12 000 $ a servi à défrayer cette fin de semaine à laquelle participaient environ 60 bénéficiaires des sept régions de la province, de même que quelques professionnels et invités spéciaux.

5-7 FÉVRIER, 1993 : La première conférence du Réseau des bénéficiaires en santé mentale du Nouveau-Brunswick (RBSMNB) a eu lieu à l’hôtel Sheraton à Fredericton. Son siège social sera situé à Edmundston, Son premier budget de fonctionnement, d’environ 82 000 $, provenait de diverses sources. La naissance du RBSNB a fait l’objet de controverses et de débats animés puisque seulement une fédération réunissait deux associations provinciales, l’une anglophone et l’autre francophone.

Parmi les personnes invitées dans le cadre de cette conférence figurait la coordonnatrice du Réseau national, Susan Hardie. Elle a discuté de la portée des termes tels que « réseautage » et de « créer des liens » comme des éléments primordiaux du réseautage. Par exemple, elle a suggéré que chaque personne trouve la force dans sa situation personnelle et que la communication est essentielle pour bâtir des ponts facilitant la compréhension.

Jim Roker, coprésident du Réseau national pour la santé mentale de l’époque, avait souligné l’importance de ne pas se morfondre dans la solitude. Il a tenu les propos suivants devant un groupe d’environ 65 personnes :

«Il faut faire attention, ne pas viser trop haut, ne pas prendre tout l’argent offert par les organismes, mais plutôt en utiliser une petite partie à la fois et faire de la réussite une démarche croissante… Avant de découvrir de nouveaux océans, les gens doivent s’éloigner du rivage».

Ken Ross, qui avait été nommé président et directeur exécutif intérimaire de la Commission, a indiqué qu’il croyait en la prise en charge, malgré les pressions exercées sur le système officiel. Il a ensuite expliqué que :

«…les systèmes officiels et non officiels devraient tenter d’établir des relations réciproques, basées sur l’égalité, et non pas de s’aliéner mutuellement. Autrement, les responsables du système vont vous entendre, mais il ne vont pas vous écouter». 

8 FÉVRIER 1993 : L’Acadie Nouvelle rapporte dans son édition :

Le Réseau des bénéficiaires en santé mentale du Nouveau-Brunswick était la première association depuis l’enchâssement de la Loi 88 dans la Constitution canadienne à reconnaître officiellement l’égalité des droits et privilèges des deux groupes linguistiques.

1995 : Le RBSMNB retient les services de PGF Consulting, une firme de Shediac pour effectuer une étude sur la perception et l’attitude des Néo-Brunswickois face aux personnes qui vivaient avec une maladie mentale. Des recommandations ont alors été formulées sur la façon de faire face aux préjugés et d’améliorer notre qualité de vie et notre sentiment d’inclusion.

Ce rapport propose une stratégie pour réduire les préjugés : travailler en collaboration avec les groupes et les associations de professionnels qui représentaient les secteurs de l’éducation, tels que la Fédération des enseignants et enseignantes du Nouveau-Brunswick, – et d’autres organismes dans le domaine de l’emploi, du logement et des services en santé mentale. Il a ensuite été convenu qu’en informant et sensibilisant les gens qui oeuvrent dans ces secteurs de la société, que ceux-ci pourraient en retour mieux comprendre les gens qui vivent avec une maladie mentale. Aucune preuve n’existe de la mise en oeuvre de ces recommandations.

AVRIL 1997 : Un point tournant a eu lieu lors de la publication d’un éditorial du OUR VOICE / NOTRE VOIX intitulé Un réseau pour demain. Cet éditorial proposait qu’une partie des fonds alloués au réseau provincial soit décentralisée et versée aux organismes locaux de bénéficiaires afin que ceux-ci puissent mieux répondre aux besoins de leurs régions respectives. Cette suggestion fut acceptée en principe et adoptée dans le cadre de l’assemblée générale annuelle du Réseau.

14 NOVEMBRE 1997 : Le RBSMNB est légalement reconnu comme un organisme provincial, en vertu de la Loi sur les services à la santé mentale.

3 AVRIL 1998 : Le RBSMNB décide d’abandonner son modèle de deux associations relevant d’une fédération pour le remplacer par une seule association dirigée par un conseil d’administration et dans laquelle les deux groupes linguistiques doivent travailler en harmonie et faire preuve d’acceptation mutuelle. Cette décision a été prise afin de réduire de 50 % les allocations de déplacement des membres du Conseil (14 membres avec une fédération au lieu de sept avec une association).

2005 : Au moyen du journal OUR VOICE / NOTRE VOIX, on réussit finalement de à convaincre la direction du Réseau d’utiliser la publication comme forum d’information pour la collectivité. Une chronique intitulée « Le Réseau aujourd’hui : reliant les Néo-Brunswickois qui ont connu le système des soins de la santé mentale du Nouveau-Brunswick » est publiée dans chaque numéro.

JUIN 2006 : Selon leur site internet, le RBSMNB compte 11 groupes locaux de réseautage, soit quatre anglophones situés à Miramichi, Saint John, Sussex et Woodstock, et sept francophones à Bathurst, Dieppe, Lac Baker, New Jersey, Saint-André, Saint-Isidore et Saint-Joseph de Madawaska.

2011 : Le RBSMNB ferme son site internet.

10 OCTOBRE, 2013 : Vingt ans plus tard, sous la présidence de Beatrice Loggie, le RSMNB célèbrera ses défis et ses succès en entreprenant une marche provinciale pour la sensibilisation de la santé mentale à Fredericton qui conclura sur le perron de la Résidence du gouverneur.

Droit d'Auteur:  Eugène Leblanc ''Retrouver sa voie''